BARBIE REPORTER

en Mer de plastique

ANDALOUSIE. Jusqu'alors ce nom soufflait un air chaud à mes oreilles, m'évoquait un spectacle de flamenco et de délicieuses tapas... C'est encore vrai, mais une ombre s'abat sur ce paysage idyllique quand vous arrivez dans la province d'Almeria. Le jardin de l'Europe. En effet, ici sont produits les légumes vendus en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Tomates, poivrons, aubergines... murissent toute l'année. Visibles depuis l'espace, 35 000 hectares sont recouverts de serres en plastique. Plastique dont la durée de vie est deux ans dans ces conditions, changé et non recyclé. Abandonné sur le peu de terre avoisinant, agglutiné au bord de la mer, ça c'est ce que je vois...

L'eau, d'où vient l'eau dans cette région ? Il ne pleut pas. L'eau vient de forages dans les nappes phréatiques, les premiers puits descendaient à trente mètres, maintenant asséchés ou trop pollués par les pesticides, les nouveaux forages puisent à 600 ou 700 mètres.

La main d’œuvre ? Celle que j'ai rencontrée travaillait en famille. De vieux agriculteurs, des plus jeunes, premières victimes de cette agriculture intensive. Ils ne sont plus paysans mais esclaves de la grande distribution et des consommateurs inconscients. Pour ce qui est de la main d’œuvre étrangère, je ne l'ai pas rencontrée, je vous laisse vous renseigner.

Barbie Reporter. Adra, Espagne - 2020.

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